Mots-clefs

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

001

Déboutonnez la mode ! Affiche

PARIS – L’exposition « Déboutonner la mode », présentée aux Arts Décoratifs, est l’occasion de dévoiler une collection unique au monde de plus de 3000 boutons avec une sélection de plus de 100 vêtements et accessoires de mode féminine et masculine choisis Parmi les couturiers les plus emblématiques tels que paul Poiret, Elsa Schiaparelli, christian dior, jean paul gaultier ou encore patrick kelly… acquise en 2012, cette collection a reçu le statut d’œuvre d’intérêt patrimonial majeur par la Commission consultative des Trésors Nationaux. datées du XVIIIe au XXe siècle, Ces pièces, petites par leur taille, sont de véritables objets d’art par la préciosité des matériaux et techniques qui entrent dans leur fabrication. Réalisées par des artisans issus de disciplines diverses : passementiers, brodeurs, orfèvres, verriers, céramistes ou paruriers, elles cristallisent à elles seules la mémoire et l’évolution des savoir-faire. Elles ont aussi suscité l’intérêt de nombreux artistes : peintres, sculpteurs ou célèbres créateurs de bijoux qui ont créé des modèles uniques destinés aux maisons de couture signant leurs créations telles des œuvres miniatures à part entière.

2

Gravure sur papier, Bailly premier maire de Paris. © Les Arts Décoratifs, Paris

Cette collection, réunie par Loïc Allio, est exemplaire par sa variété, sa richesse et son éclectisme. Parmi les pièces exceptionnelles, citons un portrait de femme dans le goût de Fragonard, un trio de boutons inspirés des fables de La Fontaine de l’orfèvre Lucien Falize, un jeu de huit oiseaux peints sur porcelaine par Camille Naudot et enfin une série de 792 pièces du sculpteur Henri Hamm. Les paruriers, Jean Clément et François Hugo, et les artistes Jean Arp et Alberto Giacometti, ont œuvré pour la célèbre créatrice de mode Elsa Schiaparelli, tout comme Maurice de Vlaminck avec le couturier Paul Poiret. Les maisons de Haute Couture : Dior, Balenciaga, Mme Grès, Givenchy, Balmain et Yves Saint Laurent ont, quant à elles, privilégié le travail des bijoutiers Francis Winter et Roger Jean-Pierre. On découvre également des créations de Sonia Delaunay et de Line Vautrin.

2bb995a752e97dcab63d5a864f731bfb

Attribué à Fragonard, fin du XVIIIe siècle. Miniature sur ivoire et cadre en verre églomisé © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

3

Bouton, attribué à Lucien Falize, fin du XIXe siècle. Argent ciselé © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Griès

Dans un parcours chronologique, l’exposition dévoile ainsi l’histoire incroyable de cet objet à travers cette extraordinaire collection. Le visiteur découvre qu’il est le parfait reflet de la créativité et de l’humeur d’une époque. Tableaux, gravures, dessins et photographies de mode soulignent l’importance de sa place sur le vêtement et montrent combien il est déterminant dans l’équilibre d’une silhouette.

5 (2)

Bouton rébus, vers 1780. Nacre. © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

5

Fin du XVIIIe siècle. Cire sur porcelaine, strass. © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

Depuis son apparition au XIIIe siècle, le bouton a, au fil du temps, conservé une place de choix sur nos vêtements. Sa production et son utilisation se développent progressivement mais doivent attendre la fin du XVIIIe siècle pour voir naître l’âge d’or du bouton en France. Il devient alors un produit de luxe, dont la valeur dépasse souvent l’habit lui-même. Plus qu’un ornement, il est aussi le moyen d’afficher ses penchants et même ses opinions se faisant porteur de messages humoristiques, intimes ou politiques : portraits de la famille royale, rébus ou scènes de la prise de la Bastille. Ce n’est que vers 1780, à la faveur de l’anglomanie, que le bouton apparaît dans la mode féminine prenant place sur des robes et corsages aux coupes inspirées des vêtements masculins. Au XIXe siècle, dans la garde-robe masculine, l’art du bouton laisse place à l’art du boutonnage. Plus petit et discret, il définit cependant le niveau de raffinement du vêtement ou la distinction de celui qui le porte. L’attention portée à sa position sur le costume masculin ressort de manière significative notamment sur les gilets, pièce essentielle de la garde-robe de l’homme élégant.

8

Révolutionnaire fixé sous verre, fin XVIIIe siècle. © Les Arts Décoratifs, Paris

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, avec la révolution industrielle, la fabrication des boutons se développe jusqu’à devenir une véritable industrie déclinant à l’infini tailles et couleurs adaptées à chaque pièce du vêtement ou des accessoires. Pour les femmes, la taille des boutons reste aussi plus que modeste alors que leur nombre augmente. Ils apparaissent alors sur les bottines, les gants et sur la lingerie fine lorsque vers 1850 les sousvêtements se font plus nombreux. Leur compte fait l’objet de notations précises dans les journaux de mode tandis que leur description dans la littérature de l’époque les place comme une coquetterie raffinée voire un objet de séduction.

6

Bouton, vers 1860. Papier mâché, incrustations de nacre, de cuivre et d’argent © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

7

Miniature sur ivoire, l’Hôtel Dieu, début XIXe siècle. © Les Arts Décoratifs, Paris

18

Bouton, 1890-1900. Argent ciselé, pierres © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

Parallèlement, orfèvres et joailliers réalisent des boutons précieux qu’ils présentent parfois dans un écrin comme des bijoux. Ils sont le reflet des courants artistiques qui marquent l’époque et notamment celui de l’Art Nouveau. Le premier niveau de l’exposition s’achève avec les années 1910 et le retour de la ligne dite « Empire » sous l’influence du couturier avant-gardiste Paul Poiret pour qui l’importance d’un détail, parfois d’un bouton et le point précis où le placer, répond à « une géométrie secrète qui est la clef de l’esthétisme ». Le parcours se poursuit avec la mode des Années 20 avec ses boutons Art déco et l’apparition des paruriers. Créateurs d’accessoires, de bijoux et de boutons, étroitement liés à la haute couture, sont identifiables par un style qui leur est propre mais aussi par les matériaux qu’ils emploient. Leurs collaborations avec les grands couturiers sont notamment illustrées par une vitrine consacrée à Elsa Schiaparelli, Jean Clément et Jean Schlumberger. François Hugo, a créé pour la célèbre couturière de boutons, de simples cailloux sertis d’or ou de métal plié et compressé. Il a fait aussi appel à la créativité d’artistes tels Pablo Picasso ou Jean Arp pour la réalisation de modèles inédits et originaux.

13

Charles Boutet de Monvel, Paris, vers 1900, Paris. Métal, émail plique à jour et « mabe ». © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

014

Bouton Art nouveau, vers 1900. Métal, nacre. © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

14

Bouton Art nouveau, vers 1900. Métal ciselé, verre, strass. © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

20

Début du XXe siècle, Bécassine. Galathite peinte © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

15

Bouton, Henri Hamm, 1910-1920. Galalithe © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

16

Bouton, Henri Hamm, 1910-1920. Galalithe gravée © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

19

Henri Hamm, 1915-1920. Corne blonde © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

4

Bouton, Henri Hamm, bois, vers 1920. © Les Arts Décoratifs, Paris

17

Bouton, France, vers 1920. Galalithe, métal© Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

016

Bouton, vers 1920. Gouache sur papier, sous verre, monture en argent © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

Le déclin du bouton s’amorce cependant en 1980, alors que les couturiers reviennent vers des créations plus minimalistes qui rendent au bouton sa fonction originelle.

Au-delà de ces expressions d’auteurs, l’exposition souligne la manière dont certains couturiers ont, de façon différente, placé et interprété le bouton dans leurs créations de Gabrielle Chanel à Christian Dior en passant par Cristobal Balenciaga, jusqu’aux boutons bijoux d’Yves Saint Laurent. Des modèles des années 2000, avec notamment Jean Paul Gaultier et son tailleur pantalon, entièrement recouvert de petits boutons en nacre, ou les manteaux de la maison Céline revisitant de façon subtile et essentielle le classique double boutonnage, viennent ponctuer le parcours.

Malgré l’apparition et l’utilisation très fréquente de nouveaux systèmes de fermeture que sont la glissière, le bouton pression et le velcro, le bouton est toujours présent dans les garde-robes et a encore de beaux jours devant lui.

22

Elsa Schiaparelli, veste, été 1937. Boutons papillons en Rhodoïd peint. Paris, Les Arts Décoratifs, collection UFAC © Patrick Gries

21

Elsa Schiaparelli, veste habillée, printemps 1938. Broderie de Lesage, boutons en résine moulée avec inclusion de fleurs. Paris, Les Arts Décoratifs, collection UFAC © Patrick Gries

PARIS.- This collection, gathered by Loïc Allio, is exemplary in its variety, richness and eclecticism. Its exceptional pieces include a portrait of a woman in the Fragonard manner, a trio of buttons inspired by La Fontaine’s fables by the silversmith Lucien Falize, a set of eight birds painted on porcelain by camille naudot, and a series of 792 pieces by the sculptor Henri Hamm. the jewellers Jean clément and François Hugo and the artists Jean arp and alberto Giacometti all produced pieces for the famous fashion designer Elsa Schiaparelli, as did Maurice de Vlaminck for the couturier Paul Poiret. couture houses such as Dior, Balenciaga, Mme Grès, Givenchy, Balmain and Yves Saint Laurent enlisted the talents of the jewellers Francis Winter and Roger Jean-Pierre, and the exhibition also features creations by Sonia Delaunay and Line Vautrin.

22

Sonia Delaunay, vers 1925. Marqueterie © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

23

Bouton, Maurice de Vlaminck, vers 1925. Faïence émaillée © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

41

Bouton, Maison Lepant, vers 1925. Galathite peinte et argentée © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

Structured chronologically, the exhibition reveals the incredible history of the button, showing via this extraordinary collection how it perfectly reflects the creativity and humour of a period. Pictures, engravings, drawings and fashion photographs emphasize its importance on the garment and how crucial it is in creating the balance of a silhouette. Since its appearance in the 13th century, the button has maintained its key role on the garment. Its production and use gradually developed but the golden age of the button in France did not come until the late 18th century, when it became a luxury item often more expensive than the garment itself. More than a mere ornament, it was also a means of conveying penchants and opinions, via humorous, intimate and even political messages (portraits of the royal family, scenes showing storming of the Bastille, etc.). However, not until around 1780 and the French craze for all things English, did the button appear in female fashion, on dresses and bodices with cuts inspired by male garments. In the 19th-century male wardrobe the art of the button gave way to the art of buttoning. now smaller and more discreet, the button came to denote the degree of refinement of a garment or level of distinction of its wearer. the attention paid to its positioning is particularly apparent on that most essential component of the male wardrobe, the waistcoat. With the industrial revolution in the second half of the 19th century button manufacturing developed into a full-scale industry mass-producing all sizes and colours of buttons for every type of garment and accessory.

24

Alberto Giacometti pour Elsa Schiaparelli, début des années 1930. Bronze doré © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

25

Bouton, Jean Clément, vers 1930. Croûte de pain, résine © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

39

Bouton, Kurt Lewy, vers 1930. Email sur cuivre © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

31

Bouton, Guison, 1930-1940. Métal © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

Women’s buttons remained much more modest in size but their number increased. they now also appeared on ankle boots, gloves and eventually lingerie as the number of undergarments increased around 1850. their number was precisely noted in fashion magazines and their description in contemporary literature established them as objects of coquetry and even seduction.

In parallel, silversmiths and jewellers created valuable buttons, sometimes presented in caskets like jewellery and reflecting the artistic movements of the period, especially art nouveau.

26

Jean Arp, vers 1940. Métal doré émaillé © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

32

Bouton, François Hugo, vers 1940. Céramique émaillée © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

33

Bouton, François Hugo, vers 1940. Céramique émaillée © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

34

Bouton, François Hugo, vers 1940. Métal soudé et torsadé © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

The first floor of the exhibition ends with the 1910s and the return of the socalled “Empire” line under the influence of the avant-garde-inspired couturier Paul Poiret, for whom the importance of a detail, for instance a button and its precise positioning, is dictated by a “secret geometry that is the key to aestheticism.” the exhibition continues with the fashion of the 20s, featuring art Deco buttons and the emergence of the paruriers, creators of accessories, jewellery and buttons, each with their own style and preference for different materials. their close collaborations with the great couturiers are highlighted in a display featuring creations for Elsa Schiaparelli, Jean clément and Jean Schlumberger. François Hugo’s designs for Schiaparelli include uncut stones set in bent and compressed metal. He also enlisted the talents of artists such as Pablo Picasso and Jean arp for original creations.

The decline of the button began in the 80s as couturiers returned to more minimal creations in which the button regained its original use.

28

Bouton patriotique, Jean Clément, vers 1944. Céramique émaillée © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

40

Boutons « à message », anonyme, vers 1944. Bois peint © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

29

1945, « Ça sent si bon la France ». Bois peint © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Jean Tholance

In counterpoint to creations by artists, the exhibition emphasizes the manner in which certain couturiers creatively used and interpreted the button in their own way, ranging from Gabrielle chanel and christian Dior to cristobal Balenciaga and the “jewellery buttons” of Yves Saint Laurent. and of course there are also exquisite 21st-century examples, notably Jean Paul Gaultier’s trouser suit entirely covered with small mother-of-pearl buttons, and the coats by céline subtly revisiting double-breasted buttoning.

Despite the emergence and increasing use of new types of fastenings such as the zip, the pressure button and velcro, the button is ever-present and still has many years to come.

30

Bouton, France, vers 1950. Perles de verre © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

35

Bouton, France, vers 1950. Perles de verre © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

36

Bouton, Gripoix, vers 1950. Métal, émail © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

37

Bouton, Gripoix, vers 1950. Métal, émail © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

38

Christian Dior prêt-à-porter, 1960-1970. Bouton en plastique moulé et doré © Les Arts Décoratifs, Paris / photo : Patrick Gries

Publicités