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Ex-Salon de Paris au Grand Palais. Bentley Continental Type R, 4.9 litres coupé 1955. Estimation €850,000 – 1.15 million (£640,000 – 860,000). Photo Bonhams.

Carrosserie Franay, Paris – Châssis n° BC9LE – Moteur n° BCE9

« Le vocabulaire peu précis et un peu limité de l’automobile, ne permet pas d’exprimer en mots le gouffre qui sépare la Continental d’une voiture moyenne, dans tous les domaines qui ont un sens en matière de sécurité à haute vitesse. À l’accélération, au freinage, en courbe, en tenue de route, en réponse aux commandes, cette Bentley est au niveau des voitures de compétition modernes et même supérieure à certaines. » Raymond Mays, The Autocar, 2 octobre 1953.
Sans conteste la plus adulée des Bentley d’après-guerre, le modèle Continental reposant sur le châssis de la Type R était une berline deux portes sportive, destinée aux performances de grand tourisme raffinées. La plupart furent carrossé en fastback par H. J. Mulliner, seule une poignée étant exportée pour être habillée par d’autres carrossiers européens. Celle que nous proposons ici – châssis n° BC9LE – fut livrée neuve à la carrosserie Franay à Paris et fait partie de cinq modèles carrossés par cet artisan français de grande réputation.

Jean-Baptiste Franay avait fondé sa société en 1903, la direction étant reprise par son fils Marius en 1922. Franay travaillait sur des châssis prestigieux et se forgea une excellente réputation en remportant plusieurs concours d’élégance dans les années 1930. Sa prestigieuse liste de clients incluait le roi d’Angleterre Édouard VIII et les rois de Roumanie, de Suède, d’Égypte et du Maroc.

Après la seconde guerre, l’industrie automobile convertie à la construction monocoque et les taxes prohibitives appliquées aux voitures de luxe françaises rendirent la vie extrêmement difficiles pour les quelques carrossiers français qui avaient survécu. La société Franay cessa ses activités de carrosserie en 1955, après la construction de la Citroën 15/6 présidentielle du président René Coty, après quoi Marius se tourna vers la photographie, devenant propriétaire des Laboratoires LTC Franay à Boulogne-Billancourt. BC9LE n’a pas seulement l’honneur d’être la dernière voiture dessinée par Franay, c’est aussi la toute dernière des 208 Continental produites.
Décrite par le magazine Autocar comme « une nouvelle étape dans l’évolution des Bentley d’après-guerre », la berline sportive Continental devint synonyme de performances faciles et de grand raffinement, dès sa présentation sur châssis Type R en 1952. Sa construction par soudure permettait d’apporter une modification particulièrement attendue au châssis Rolls-Royce de série, sous la forme d’un coffre agrandi grâce à des modifications aux ailes et à la suspension arrière. La Type R de série était une voiture performante et nerveuse, capable d’atteindre les 170 km/h en silence et prenait seulement 10 seconde pour passer de 0 à 80 km/h, malgré un poids frôlant la tonne.

La Continental améliorait encore la combinaison inhabituelle de performances élevées associées à un raffinement extrême pour la porter à un niveau encore jamais atteint. Contrairement aux Type R de série « tout acier », la Continental adoptait un type de carrosserie traditionnelle, la plupart étant habillées d’aluminium, plus léger, par H. J. Mulliner avec une carrosserie fastback testé en soufflerie. Au cours de sa conception, Bentley déploya toute sa science pour maintenir le poids de la Continental le plus bas possible, conscient du fait que c’était là le moyen le plus efficace d’obtenir les performances les plus élevées.
Le six cylindres Rolls-Royce avec l’admission au-dessus de l’échappement était passé de 4 257 cm3 à 4 556 cm3 en 1951 et avait été installé dans la Continental avec un taux de compression augmenté, sa puissance maximale restant bien entendu tenue secrète, mais estimée à environ 153 ch. Avec le temps, la Continental prit – inévitablement – un peu de poids, compensé par un accroissement de la cylindrée du moteur portée à 4 887 cm3 sur les séries D et E, à partir de mai 1954. Les performances de la Continental aurait été jugées excellentes pour une vraie sportive, mais pour une berline 4/5 places elles étaient tout simplement exceptionnelles ; une vitesse de pointe de 190 km/h, les 160 km/h atteints sur le troisième rapport, les 80 km/h en moins de 9 secondes et une vitesse de croisière de 160 km/h soutenue sans effort.

Construite essentiellement pour l’exportation dans un premier temps, la Continental était probablement, une fois les charges et les taxes locales acquittées, la voiture la plus chère du monde, tout autant que la plus rapide pour emmener quatre adultes et leurs bagages. « La Bentley est un tapis volant moderne qui raccourcit les distances et amène ses occupants à destination aussi frais et dispos qu’ils étaient au départ » concluait Autocar.

Le châssis BC9LRE carrossé par Franay est unique avec sa carrosserie coupé deux portes en aluminium, dotée de petits ailerons, un tic stylistique très en vogue à l’époque. C’est l’une des 43 Continental Type R à conduite à gauche et l’une des neuf à transmission automatique. La voiture avait été commandée par M. Choumert de Paris et lui avait été livrée par Franco-Britannic Automobiles, le distributeur Bentley en France. Le chauffeur de la Franco-Britannic prit livraison du châssis roulant sur les quais de Boulogne et le conduisit aux ateliers Franay à Levallois-Perret, assis sur un cageot. Le châssis à conduite à gauche était fourni complet avec quelques panneaux de carrosserie H. J. Mulliner, des sièges allégés, un jeu de lattes de plancher avant et des pare-chocs de Continental Wilmot-Breedon. Les autres équipements hors série comprenaient un chauffage de tableau de bord, des flèches de direction, un compteur en kilomètres, des phares français, des antibrouillards et un klaxon quatre tons. La voiture finie fut livrée à M. Choumert le 28 mai 1955 et fut exposée en octobre de la même année sur le stand Franay du 42e Salon de l’Automobile de Paris qui se tenait encore au Grand Palais.

En janvier 1960, M. Choumert rendit la Bentley à Franco-Britannic Automobiles qui la vendit à M. Labadens. Cinq ans plus tard, la Continental était à nouveau vendue par Franco-Britannic à son troisième propriétaire, un certain M. Sarntier. En janvier 1969, elle quitta la France pour les États-Unis et passa aux mains d’Arthur Wagman, un avocat du Maryland. Il garda BC9LE pendant les 21 années suivantes pour la vendre en 1990 à un autre propriétaire américain, un certain B. D. Cooney. La Bentley avait été complètement restaurée lorsque l’actuel propriétaire l’acheta en juin 1999. Elle conserve ses numéros de moteur et de châssis concordants.
En possession du vendeur, la Continental a participé au Concorso d’Eleganza de la Villa d’Este en 2003 et au 4e concours d’élégance européen annuel de Düsseldorf en 2004 où elle a remporté sa classe. La voiture est entièrement noire avec très peu de chromes et des pneus à flanc blanc contrastants, tandis que son intérieur est tendu de drap beige avec moquettes assorties. Les boiseries intérieures, y compris le tableau de bord, sont vernies polies. Le compartiment moteur est très propre et soigné dans ses moindres détails. La voiture est livrée avec sa trousse à outils complète, son manuel d’entretien d’origine et la plaque d’immatriculation française du premier propriétaire. La documentation fournie comprend la copie de la fiche châssis de Bentley Motors, le passeport FIVA, un bilan Dekra (1996), ses papiers d’immatriculation allemande, un rapport d’inspection technique et des numéros de différents magazines dans les quels figure la voiture.

Magnifique d’aspect, BC9LE représente une occasion unique d’acquérir un exemplaire de la plus fameuse des Bentley d’après-guerre, idéale pour faire la tournée des concours ou pour des voyages « gran turismo » que suggère son nom évocateur.

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Coachwork by Carrosserie Franay, Paris – Chassis no. BC9LE – Engine no. BCE9

‘The vocabulary of motoring being a lame and limited thing, it is difficult to put into words the gulf that separates a Continental from the average car in all the qualities that have a bearing on safety at speed. In acceleration, in braking, in cornering power, in roadholding, in responsiveness to the controls, this Bentley is the equal of modern racing cars, and superior to some.’ – Raymond Mays, The Autocar, 2nd October 1953.

Without question the most celebrated of post-war Bentleys, the Continental model on the R-Type chassis was a two-door sports saloon intended for effortless high-speed touring in the grand manner. Most were bodied in fastback style by H J Mulliner, with only a relative handful being shipped abroad for bodying by European coachbuilders. That offered here – chassis number ‘BC9LE’ – was despatched new to Carrosserie Franay in Paris and is one of only five bodied by this highly respected French coachbuilder.

Jean-Baptiste Franay had founded the company in 1903, control passing to his son Marius in 1922. Franay worked on prestigious chassis and gained an excellent reputation, winning several Concours d’Élégance awards in the 1930s. Its prestigious client list included Great Britain’s Edward VIII and the kings of Romania, Sweden, Egypt and Morocco.

Post-WW2, the motor industry’s switch to unitary chassis/body construction, coupled with the punitive taxes applied to luxury cars in France, made life extremely difficult for the few surviving French coachbuilders. Carrosserie Franay ceased coachbuilding in 1955 after the construction of René Coty’s Citroën 15/6 presidential saloon, after which Marius turned to photography, owning the Laboratoires LTC Franay in Boulogne-Billancourt. ‘BC9LE’, not only has the distinction of being the final car designed by Marius Franay, it is also the very last of the 208 R-Type Continentals made.

Described by The Autocar as, ‘A new stage in the evolution of the post-war Bentley,’ the magnificent Continental sports saloon has been synonymous with effortless high speed cruising in the grand manner since its introduction in 1952 on the R-Type chassis. Of all-welded construction, the latter enabled the incorporation of a much-needed improvement to Rolls-Royce’s standard bodywork in the shape of an enlarged boot together with associated changes to rear wings and suspension. The standard R-Type was a lively performer, achieving 106mph in silence and reaching 50mph from standstill in 10 seconds despite a kerb weight approaching two tons.
The Continental raised this already superlative combination of high performance and exceptional refinement to hitherto unattained levels. Unlike the ordinary ‘standard steel’ R-Type, the Continental was bodied in the traditional manner, most being completed with the lightweight, aluminium, wind tunnel-developed fastback body of H J Mulliner. In developing the Continental, Bentley Motors made every effort to keep its weight to the minimum, knowing that this was the most effective way to achieve the maximum possible performance.

Rolls-Royce’s six-cylinder, inlet-over-exhaust engine had been enlarged from 4,257cc to 4,556cc in 1951, and as installed in the Continental benefited from an increase in compression ratio – the maximum power output, of course, remained unquoted but has been estimated at around 153bhp. As the Continental matured, there was – inevitably – an increase in weight, which was offset by the introduction of a 4,887cc engine on the ‘D’ and ‘E’ series cars, commencing in May 1954. The Continental’s performance figures would have been considered excellent for an out-and-out sports car but for a full four/five seater saloon they were exceptional: a top speed of 120mph, 100mph achievable in third gear, 50mph reached in a little over 9 seconds and effortless cruising at the ‘ton’.

Built for export only at first, the Continental was, once delivery charges and local taxes had been paid, almost certainly the most expensive car in the world as well as the fastest capable of carrying four adults and their luggage. ‘The Bentley is a modern magic carpet which annihilates great distances and delivers the occupants well-nigh as fresh as when they started,’ concluded Autocar.

Marius Franay’s ‘BC9LE’ is unique, carrying two-door aluminium coupé coachwork featuring modest tail fins, the latter a styling device much in vogue at the time. It is one of 43 left-hand drive R-Type Continentals and one of only nine with automatic transmission. The car was ordered by a Monsieur Choumert of Paris and delivered to him via Franco-Britannic Automobiles, Bentley’s distributor in France. FBA’s driver collected the rolling chassis from the Boulogne dockside and drove it to Franay’s works at Levallois-Perret, seated on a crate. The left-hand drive chassis was supplied complete with some H J Mulliner panels and lightweight seats, a set of front floorboards, and Wilmot-Breedon Continental bumpers. Other special features included a dashboard heater, flashing indicators, km/h speedometer, French-type headlamps, fog lamps, reversing lamps, and four high-frequency horns. The completed car was delivered to M Choumert on 28th May 1955 and in October of that same year was displayed on Franay’s stand at the 42nd Paris Salon de l’Automobile, held at La Grand Palais.

In January 1960 M Choumert traded the Bentley back to Franco-Britannic Automobiles, who sold the car on to its second private owner, a Monsieur Labadens. Some five years later the Continental was sold again by Franco-Britannic, passing to its third owner, a Monsieur Sarntier. In January 1969 the Bentley left France for the United States, passing into the ownership of Arthur Wagman, an attorney in Maryland. Wagman would keep ‘BC9LE’ for the next 21 years before selling it in 1990 to another US-based owner, one B D Cooney. The Bentley had been fully restored when the current owner purchased it in June 1999. It retains matching chassis and engine numbers.

While in the vendor’s care the Continental has participated in the Concorso d’Eleganza Villa d’Este, in 2003, and the fourth annual European Concours d’Élégance at Düsseldorf in 2004 where it won its class. The car is finished entirely in black with minimal brightwork and contrasting whitewall tyres, while the interior is trimmed in beige leather with matching carpets. Interior woodwork, dashboard included, is highly polished. The engine bay is clean and well detailed, and the car comes complete with a full tool kit, its original handbook and the first owner’s original French registration plate. Accompanying documentation consists of Bentley Motors copy chassis cards, FIVA passport, DEKRA report (1996), German registration papers, technical inspection and copies of various magazines featuring the car.

Beautifully presented, ‘BC9LE’ represents a rare opportunity to acquire a unique example of the most famous post-war Bentley, ideally suited to the concours circuit or for the Gran Turismo motoring its evocative name suggests.

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Ex-Paris Salon at the Grand Palais. 1955 Bentley R-Type Continental 4.9-Litre Coupé. Photo Bonhams.

Bonhams. LES GRANDES MARQUES DU MONDE AU GRAND PALAIS, 5 Feb 2015 14:00 CET – PARIS

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