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Exceptionnelle paire d’encoignures en vernis parisien à fond camomille et montures de bronze doré d’époque Louis XVI, estampillée RVLC  et JME, vers 1780. Estimation 60,000100,000 €. Photo: Sotheby’s

A PAIR OF LOUIS XVI GILT-BRONZE PARISIAN LACQUER ENCOIGNURES, STAMPED RVLC AND JME, CIRCA 1780

la façade ouvrant par un vantail orné de scènes dans le goût chinois, la ceinture ornée d’une frise de postes, reposant sur des pieds fuselés à cannelures torses ; dessus de marbre brocatelle d’Espagne. Quantité: 2. Haut. 86 cm, larg. 47 cm, prof. 51 cm- Height 33 3/4 in; width 18 1/2 in; depth 20 in

LITERATURE: A. Forray-Carlier et al, Les Secrets de la Laque française, catalogue de l’exposition au Musée des Arts Décoratifs de Paris, Paris, 2014, p. 97.

Roger Vandercruse, dit Lacroix, reçu maître ébéniste en 1749.

A la différence des meubles en marqueterie qui ont malheureusement perdu leur polychromie, ceux en vernis sont une parfaite illustration du goût du XVIIIe siècle pour les couleurs. Ces pièces étaient souvent des éléments d’un décor beaucoup plus important en vernis qui pouvait s’étendre à une salle entière comme on en trouvait au château de Bagnolet. Malheureusement ces décors ont quasiment tous disparu et seules quelques pièces de mobilier en vernis polychrome ont survécu.

Au XVIIIe siècle, exceptionnelles sont les mentions dans les textes d’archives de mobilier en vernis jaune. L’inventaire du château de Vanves du prince de Condé recense en 1778 une chambre jaune contenant :

Une commode à la régence à deux tiroirs, peinte en façon de vieux laque fond jaune, garnie en cuivre ciselé et doré d’or moulu couverte de son dessus de marbre blanc et gris.
Une toilette de campagne même peinture que la commode avec garniture en verre et porcelaine.
Un petit secrétaire en armoire avec peinture pareille à la commode couvert de marbre blanc
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Le fond jaune de nos encoignures, parfois désigné sous le terme « jonquille » dans les inventaires du XVIIIe siècle, était rare au XVIIIe siècle si l’on s’en réfère aux différents états de marchandises des frères Martin. Les pièces parvenues jusqu’à nous sont de ce fait très rares et elles sont pour la plupart estampillées par l’ébéniste François Rübestück qui semble s’en être fait une spécialité. Plusieurs secrétaires et commodes en vernis jaune nous sont connues. En revanche, les encoignures à fond jaune sont encore plus rares. Les nôtres sont sans doute le fruit d’une commande d’un marchand mercier pour le décor d’une pièce à RVLC.

RVLC signa plusieurs petites tables en vernis imitant leur plateau de porcelaine polychrome dont une très célèbre conservée au Musée des Arts Décoratifs de Paris (inv. CAM 194).

Sotheby’s. L’œil d’un collectionneur Important Mobilier, Objets d’Art et Tableaux du XVIIIe siècle, Paris | 05 nov. 2014, 02:30 PM