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Franz von Stuck (1863 -1928), Judith et Holopherne, 1927. Huile sur bois. H. 82 ; L. 72 cm. Collection particulière © Droits réservés

PARIS – Annie Le Brun, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet dont l’incontournable Soudain, un bloc d’abîme, Sade, se voit confier le commissariat général de l’exposition consacrée à Sade organisée par le musée d’Orsay à l’occasion du bicentenaire de la mort de l’écrivain. Le propos, tel qu’elle le définit elle-même, sera de « montrer comment, avant d’avoir une importance majeure dans la pensée du XXe siècle, l’œuvre de Sade a induit une part de la sensibilité du XIXe siècle, quand bien même le personnage et ses idées y auront-ils été tenus pour maudits.

Car si Baudelaire, Flaubert, Huysmans, Swinburne, Mirbeau… sans parler d’Apollinaire, s’y sont référés à titres divers, tout porte à croire que la force de cette pensée est d’avoir aussi rencontré, révélé, voire provoqué ce qui agite alors en profondeur l’expression plastique, concernant autant l’inscription du désir que son pouvoir de métamorphose.

C’est l’image du corps en train d’être bouleversée de l’intérieur, annonçant une révolution de la représentation. Que ce soit évident chez Delacroix, Moreau, Böcklin…, ce qui est en jeu n’est pas sans inquiéter aussi Ingres, Degas ou Cézanne et bien sûr Picasso. Et cela tandis que Félicien Rops, Odilon Redon, Alfred Kubin se rapprochant d’une expression restée jusqu’alors marginale (curiosa ou folie), avant que le surréalisme ne reconnaisse le désir comme grand inventeur de forme.

À retrouver ce cheminement, il sera possible de mesurer combien, à dire ce qu’on ne veut pas voir, Sade aura incité à montrer ce qu’on ne peut pas dire. Ou comment le XIXe siècle s’est fait le conducteur d’une pensée qui, découvrant l’imaginaire du corps, va amener à la première conscience physique de l’infini.»

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Paul Cézanne (1839-1906), La Tentation de Saint Antoine, 1877. Huile sur toile, 47 x 56 cm Paris, musée d’Orsay. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

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Sir Edward Burne-Jones (1833-1898), La Roue de la Fortune, entre 1875 et 1883. Huile sur toile, 216 x 154 cm Paris, musée d’Orsay. © RMN (Musée d’Orsay) / Gérard Blot

Sans nom 1

A work by Henri Pontier  » Ixion, king of the Lapiths, tortured for his love for Junon  » is displayed during the exhibition « Sade. Attacking the Sun », on October 13, 2014 at the Orsay museum in Paris. The exhibition is focusing on the revolution of representation opened up by Alphonse Donatien de Sade’s (1740–1814) writings. It takes place from October 14 to January 25, 2015. AFP PHOTO / FRANCOIS GUUILLOT.

Sans nom 2

A woman looks at a drawing by Charles Amedee Philippe Van Loo during the exhibition « Sade. Attacking the Sun », on October 13, 2014 at the Orsay museum in Paris. The exhibition is focusing on the revolution of representation opened up by Alphonse Donatien de Sade’s (1740–1814) writings. It takes place from October 14 to January 25, 2015. AFP PHOTO / FRANCOIS GUUILLOT.