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Bartolomeo Manfredi, « La réunion de buveurs« , c. 1619-1620, collection particulière

ROME – L’Académie de France à Rome – Villa Médicis présente, du 7 octobre 2014 au 18 janvier 2015 (vernissage 6 octobre 2014, de 18h30 à 20h30) dans les Grandes Galeries, l’exposition Les Bas-fonds du baroque. La Rome du vice et de la misère, dont le commissariat est assuré par Francesca Cappelletti, professeure d’histoire de l’art moderne à l’université de Ferrare, et Annick Lemoine, chargée de mission pour l’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome, maître de conférences à l’université Rennes 2. L’exposition est conçue et organisée dans le cadre d’une collaboration entre l’Académie de France à Rome – Villa Médicis et le Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, où elle sera présentée du 24 février au 24 mai 2015.

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Anonyme, cercle de Bartolomeo Manfredi, « Homme faisant le geste de la fica« , c. 1615-1625

Les Bas-fonds du baroque révèle le versant obscur et insolent de la Rome baroque, celui des bas quartiers, des tavernes, des lieux de perdition. Une “Rome à l’envers”, travaillée par les vices, la misère et les excès de toutes sortes, à l’origine d’une étonnante production artistique. Pour la première fois, une exposition présente cet aspect négligé de la création artistique romaine du Caravage à Claude Lorrain. Elle dévoile le visage clandestin de la capitale, fastueuse et virtuose, de la Papauté, la face obscure des artistes qui y vivent.

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Jean Both, « Fête et bagarre près de l’ambassade espagnole à Rome« , 1637-1638, Stockholms Universitets Konstsamling.

La Rome du Seicento fut le centre culturel le plus vivant d’Europe, forte d’une avant-garde qui attirait les artistes de tous les pays. Nombreux furent les Italiens, Français, Hollandais, Flamands, Espagnols qui s’installèrent et firent carrière dans la Capitale des arts. Au contact de cette “splendide et misérable cité”, ils se jouèrent des codes visuels et des normes de beauté, se mesurant à l’univers des bas-fonds, de la vie nocturne et de ses dangers, du Carnaval et de ses licences.

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Bartolomeo Cavarozzi, « La Douleur d’Aminte« , collection particulière.

L’exposition présente plus de cinquante œuvres, créées à Rome dans la première moitié du XVIIe siècle par des artistes venus de toute l’Europe, parmi lesquels Claude Lorrain, Valentin de Boulogne, Jan Miel, Sébastien Bourdon, Leonaert Bramer, Bartolomeo Manfredi, Jusepe de Ribera, ou Pieter van Laer. Le public pourra découvrir dans les Grandes Galeries des œuvres des plus grands peintres caravagesques, des principaux paysagistes italianisants et des Bamboccianti, peintres de bambochades, hérauts de la représentation de la vie ordinaire de Rome et de la campagne alentour. Des tableaux, dessins, estampes provenant des plus grands musées européens, mais aussi des œuvres issues de collections privées, rarement exposées au public.

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Nicolas Tournier, « Un concert« , c. 1624-1626, Collection Musées de Bourges, France

L’exposition présente plus de cinquante œuvres, créées à Rome dans la première moitié du XVIIe siècle par des artistes venus de toute l’Europe, parmi lesquels Claude Lorrain, Valentin de Boulogne, Jan Miel, Sébastien Bourdon, Leonaert Bramer, Bartolomeo Manfredi, Jusepe de Ribera, ou Pieter van Laer. Le public pourra découvrir dans les Grandes Galeries des œuvres des plus grands peintres caravagesques, des principaux paysagistes italianisants et des Bamboccianti, peintres de bambochades, hérauts de la représentation de la vie ordinaire de Rome et de la campagne alentour. Seront présentés des tableaux, dessins, estampes provenant des plus grands musées européens, mais aussi des œuvres issues de collections privées, rarement exposées au public.

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Pietro Paolini, « Les Tricheurs« , c. 1625, collection particulière.

Le parcours de l’exposition mènera de l’ivresse bachique à la mélancolie, à travers une exploration des bas-fonds romains du Seicento, ponctuée de vues des paysages de Rome, citadins ou pastoraux, pervertis par des détails dissonants, burlesques ou scatologiques, habités par les gueux, les prostituées, les travestis, les vagabonds ou les brigands.

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Roeland van Laer, « Bentvueghels dans une taverne romaine« , 1626-1628, Museo di Roma – Palazzo Braschi

Attentives aux rituels du quotidien, mais renvoyant à des visions stéréotypées de la réalité sociale, ces œuvres déploient la panoplie des vices et des dérives du monde d’en bas, liés à des pratiques alors condamnables et condamnées, celles du tabac, de l’alcool, du jeu et des plaisirs de Vénus, sources dangereuses de perte de la raison. Bien souvent les artistes se sont représentés eux-mêmes dans ce contextede perdition, jouant sur l’ambiguïté entre réalité et fiction : les racines du mythe de l’artiste bohème sont déjà présentes dans leurs œuvres.

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Giovanni Lanfranco, « Jeune homme nu au chat sur un lit« , 1620-1622, collection particulière

À l’origine de cette production artistique et dans la lignée du Caravage, on trouve les inventions de toute une communauté internationale d’artistes installés aux alentours de la Villa Médicis, entre les quartiers de Santa Maria del Popolo, Sant’Andrea delle Fratte et San Lorenzo in Lucina. Nombreux sont ceux qui se retrouvaient sous le vocable des Bentvueghels (les “Oiseaux de la bande”), l’association des peintres du Nord de l’Europe réunis à Rome sous la protection de Bacchus, dieu du vin et de l’inspiration artistique : Caravagesques, Bamboccianti ou paysagistes italianisants, qui tous furent de turbulents protagonistes de la vie des tavernes.

L’exposition ne se limite ni à un mouvement ou à une école artistique, ni à la question de la scène de genre au Seicento ; elle explore les thèmes, les personnages et les péripéties quotidiennes qui apparaissent dans les arts des premières décennies du XVIIe siècle, dans la peinture, mais également dans la musique ou la littérature, avec le roman picaresque, et dans le théâtre, avec la Commedia dell’arte.

A man visits « The Baroque Underworld. Vice and destitution in Rome » art exhibition on October 6, 2014 at Rome’s French Academy, the Villa Medici. AFP PHOTO / Filippo MONTEFORTE.

ROME.- The French Academy in Rome – Villa Medici presents the exhibition The Baroque Underworld. Vice and Destitution in Rome, in the Grandes Galeries from 7 October 2014 to 18 January 2015. Curators are Francesca Cappelletti, professor of history of modern art at the University of Ferrara and Annick Lemoine, officer in charge of the Art history Department at the French Academy in Rome, lecturer at the University of Rennes 2. The exhibition has been conceived and organized within the framework of a collaboration between the French Academy in Rome – Villa Medici and the Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, where it will be shown from 24 February to 24 May 2015.

The Baroque Underworld reveals the insolent dark side of Baroque Rome, its slums, taverns, places of perdition. An « upside down Rome », tormented by vice, destitution, all sorts of excesses that underlie an amazing artistic production, all of which left their mark of paradoxes and inventions destined to subvert the established order. This is the first exhibition to present this neglected aspect of artistic creation at the time of Caravaggio and Claude Lorrain’s Roman period, unveiling the clandestine face of the Papacy’s capital, which was both sumptuous and virtuosic, as well as the dark side of the artists who lived there.

Seicento Rome was the most lively cultural center of Europe, with a vibrant avant- garde which attracted artists from all over Europe. Many were the Italians, French, Dutch, Flemish, and Spanish who settled and made their careers in the Capital of art. In contact with this « splendid and miserable city », as Pasolini called, they gambled with the visual codes and standards of beauty, measuring themselves against the universe of slums and dangers of nightlife, the Carnival and its licentiousness. This milieu which was both burlesque and poetic, vulgar and violent, became, for some, a central theme, and for others, an experience of life.

The exhibition features over fifty works of art created in Rome during the first half of the XVIIth century by artists from all over Europe, including Claude Lorrain, Valentin de Boulogne, Jan Miel, Sébastien Bourdon, Leonaert Bramer, Bartolomeo Manfredi, Jusepe de Ribera, or Pieter van Laer. In the Grandes Galeries, the public will discover the works of the greatest Caravaggesque painters, the major Italianate landscape artists and the Bamboccianti, painters of the bambocciate, who heralded the representation of ordinary life in Rome and the surrounding countryside. Paintings, drawings, prints from major European museums, as well as works from private collections, rarely exhibited to the public.

The itinerary through the exhibition leads the public from bacchanalian intoxication to melancholy, through an exploration of the underworld in Seicento Rome, punctuated by views of the Roman urban and pastoral landscapes, desecrated by dissonant, burlesque or scatological details of the Eternal city inhabited by beggars, prostitutes, transvestites, vagabonds and brigands.

Attentive to daily rituals, while referring to stereotypical visions of social reality, these works deploy a panoply of the vices and excesses of the underworld, related to practices such as alcohol, tobacco, gambling and the pleasures of Venus, dangerous causes of loss of reason, which were condemned at the time. These artists often represented themselves in the context of perdition, playing on the ambiguity between reality and fiction: the roots of the mythical bohemian artist are already present in their works.

At the origin of this artistic production and in the Caravaggio lineage are the inventions of an entire international community of artists who had settled in the area surrounding Villa Medici, between the districts of Santa Maria del Popolo, Sant’Andrea delle Fratte and San Lorenzo in Lucina. Many were under the patronage of Bentvueghels (the « Birds of the band »), the association of northern European painters united in Rome under the ‘guardianship’ of Bacchus, god of wine and artistic inspiration: Caravagesques, Bamboccianti or Italianate landscape painters, all of whom were the turbulent protagonists of life in the taverns.

The exhibition does not confine itself to a movement or a particular school of art, nor to the question of the Seicento genre; rather it explores the themes, characters and daily vicissitudes present in the arts during the early decades of the XVIIth century in painting, but also in music and literature, with the picaresque novel, and the Commedia dell’arte in the theater.

A man visits « The Baroque Underworld. Vice and destitution in Rome » art exhibition on October 6, 2014 at Rome’s French Academy, the Villa Medici. AFP PHOTO / Filippo MONTEFORTE.