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Sonia Delaunay, Prismes électriques, 1913-1914. Courtesy Davis Museum at Wellesley College, Wellesley, MA, Gift of Mr. Theodore Racoosin, © Pracusa 2013057

PARIS – Cette monographie qui suit l’évolution de Sonia Delaunay de l’aube du XXème siècle à la fin des années 1970, met en lumière l’importance de son activité dans les arts appliqués, sa place spécifique au sein des avant-gardes européennes, ainsi que son rôle majeur dans l’abstraction, dont elle figure parmi les pionniers.

Le parcours chronologique, largement documenté, illustre la richesse et la singularité de l’œuvre de Sonia Delaunay marquée par un dialogue soutenu entre les arts. L’ensemble des œuvres choisies révèle une approche personnelle de la couleur, réminiscence de son enfance russe et de son apprentissage de la peinture en Allemagne.

Tandis que Robert Delaunay conceptualise l’abstraction comme un langage universel, Sonia Delaunay l’expérimente sur les supports les plus variés (tableaux, projets d’affiches, vêtements, reliures, objets domestiques) et crée à quatre mains avec le poète Blaise Cendrars La Prose du Transsibérien et de la Petite Jehanne de France.

Durant la Grande Guerre, son passage en Espagne et au Portugal coïncide avec un premier développement de ses activités dans les domaines du théâtre et de la mode qu’elle commercialise à Madrid dès 1918, puis à son retour à Paris dans les années 1920.

La décennie suivante marque l’épanouissement d’une abstraction épurée, caractéristique du style international, et en harmonie avec l’architecture comme en témoignent les grandes décorations murales du Pavillon de l’Air de l’Exposition internationale des arts et techniques, présentées à Paris pour la première fois depuis 1937.

Le rôle de «passeur» de l’artiste entre la génération des pionniers de l’abstraction et celle de l’après-guerre se manifeste à travers sa participation aux Salons des Réalités Nouvelles, son implication dans les projets d’architecture et sa présence au sein de la galerie Denise René.

Dès l’après-guerre, la peinture de Sonia Delaunay connaît un profond renouvellement qui culmine, à la fin des années 1960, dans un art abstrait intensément poétique. Sa créativité formelle et technique s’exprime alors dans des œuvres monumentales (peinture, mosaïque, tapis, tapisserie) et son œuvre tardive connaît un ultime essor dans les albums d’eaux-fortes et les éditions Artcurial.

Servie par la reconstitution d’ensembles et de dispositifs inédits, et la présence de photographies et de films d’époque, l’exposition souligne le paradoxe d’une œuvre profondément inscrite dans son temps — de la belle époque aux années 1970 — mais également atemporelle de part la constance de ses recherches formelles et sa quête de la synthèse des arts.

Sonia Delaunay, Manteau pour Gloria Swanson, c. 1924. Broderie de laine. Collection particulière, © Pracusa 2013057

Sonia Delaunay, Couverture de Berceau, 1911. Mnam © Pracusa 2013057

Sonia Delaunay, Composition pour jazz, 2e série, N° F 344, Paris 1952. Courtesy Natalie Seroussi et Galerie Zlotowski, Paris, © Pracusa 2013057

Sonia Delaunay, Couverture du catalogue de l’exposition de Stockholm, Autoportrait, 1916. © BNF/ © Pracusa 2013057

Sonia Delaunay, Rythme couleur, Paris, 1964, huile sur toile 96,5 x 194 cm. © Pracusa 2013057 photo © Musée d’Art Moderne / Roger-Viollet