La Reine d’Uxmal, Classique récent (600-900 ap. J.-C.). Calcaire © Museo Nacional de Antropología, Mexico – 2014. Photo Ignacio Guevara

PARIS – Exceptionnelle par l’étendue géographique et temporelle qu’elle recouvre, l’exposition LES MAYAS, Un temps sans fin réunit 400 chefsd’oeuvre issus des différentes époques qui jalonnent l’extraordinaire longévité de cette civilisation.

Créateurs d’une civilisation fascinante, les Mayas ont laissé à la postérité des centaines de cités révélant une architecture remarquable, une statuaire très avancée et d’une grande perfection technique, des fresques, des oeuvres en céramique et en jade d’une incroyable finesse ainsi qu’un registre détaillé de leurs croyances religieuses, de leurs rituels, de leur vie en communauté, de leurs habitudes et de leur histoire, avec l’écriture la plus avancée de l’Amérique précolombienne.

Cette exposition permet d’appréhender le legs des Mayas à l’humanité. Suivant un ordre thématique, l’exposition propose de découvrir les différents aspects de cette culture, sa capacité créative et sa perfection technique. Elle dresse un panorama
général, en montrant la grande variété des styles et les réussites esthétiques des différents groupes mayas (environ 28), chacun d’eux ayant sa propre langue et sa propre expressivité.

Pendentif orange en forme de visage fantastique © Museo Omar Huerta y Escalante, Jonuta, Tabasco, Mexique – 2014.Photo Ignacio Guevara

L’homme et la nature
Dans le monde indigène préhispanique, les plantes et les animaux occupaient une place prépondérante. Au-delà de leur valeur alimentaire, ils étaient coparticipants de l’unité du monde. Quelques plantes, essentiellement le maïs, constituaient les nourritures principales des hommes et étaient considérées comme une substance à l’origine de la formation de l’être humain.
Les plantes sacrées, avec leurs vertus psychotropes, étaient essentielles à l’accomplissement des rites chamaniques. Les animaux étaient considérés comme les frères des hommes, des êtres en qui les hommes pouvaient projeter une part de leur esprit, ainsi que des manifestations du divin.

Vase tripode avec figurines © Museo Regional de Antropología, palais Cantón, Mérida, Yucatán, Mexique – 2014. Photo Ignacio Guevara

La communauté humaine et la vie quotidienne
Comment est composée la société maya ? Quelles sont les habitudes des membres de la société maya notamment lors des grands cycles de la vie (maternité, enfance, mariage, vieillesse) et comment est organisée la vie quotidienne (nourriture, costumes) ? Les offrandes, le mobilier funéraire et les objets de la vie quotidienne renseignent sur les us et coutumes des différentes strates sociales.

Masque Funéraire de Calakmul avec ornements d’oreilles, jade et coquillage, Classique récent (600-900 apr. J.-C.). Structure XV, Calakmul, Campeche, Mexique © Museo Regional de Campeche, fort de San Miguel, ville de Campeche. Photo Ignacio Guevara.

L’homme face au temps et aux astres
Des vases faisant apparaître des inscriptions cosmologiques et astronomiques, accompagnées de leurs traductions, témoignent des connaissances acquises par les Mayas dans le domaine des sciences.

Vase Polychrome représentant des guerriers © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique – 2014. Photo Ignacio Guevara

Le coeur des cités
Des éléments architecturaux, sculpturaux et picturaux de grandes cités mayas sont exposés dans cette partie et rendent compte de la variété des styles. Ils sont accompagnés de quelques fragments de peintures murales.

Dignitaire, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Argile, Jaina, Campeche, Mexique © Centro Cultural Tlatelolco, UNAM, Mexico, Mexique Collection Stavenhagen Photographe: Ignacio Guevara

Les élites gouvernantes et leur historiographie
Les progrès de l’épigraphie et de l’iconographie ont donné lieu à de nouvelles interprétations de la vie sociale, politique et religieuse des peuples mayas préhispaniques.
Les oeuvres (stèles, linteaux, ornements en jade, accompagnés de leurs transcriptions) illustrent l’accession des rois au pouvoir, leurs prouesses guerrières, leurs mariages. Elles représentent les élites religieuses et politiques entourant les gouverneurs suprêmes à la tête des États mayas.

Grenouille en or aux yeux de turquoise © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique – 2014. Photo Ignacio Guevara

Les forces sacrées
Le caractère sacré de la vie se retrouve dans des figurines de la déesse mère et autres déités féminines symboles du culte de la maternité, ainsi que dans des images de phallus représentant la fertilité.
L’abondante représentation d’êtres surnaturels ou de divinités dans l’aire maya s’explique principalement par la vénération des strates cosmiques : le ciel, la terre et le monde souterrain, ainsi que des forces naturelles comme le Soleil, la Lune ou la Pluie.

Monument 154 de Toniná, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Grès, Toniná, Chiapas, Mexique  © Musée du site de Toniná, Ocosingo, Chiapas, Mexique Photographe: Ignacio Guevara

L’homme face aux dieux : les rituels
La vie rituelle était essentielle pour les Mayas. D’après leurs rites cosmogoniques, les êtres humains furent créés pour vénérer et nourrir les dieux dont dépend l’existence de l’univers.
Ainsi, le culte des divinités est prioritaire dans la vie de la communauté et se perçoit dans les grandes aires cérémonielles des villes, à travers les objets ornant les temples ou déposés dans des offrandes et les sépultures. Les encensoirs, les couteaux cérémoniels, des arêtes de raie, des instruments de musique, des jeux de balles et les éléments associés témoignent de la diversité des cultes et de la complexité de la pensée maya tout comme les représentations de leaders religieux, prêtres ou chamanes et de rois.

Figure féminine © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique Mentions obligatoires: Collection Stavenhagen – 2014. Photo Ignacio Guevara

« Entrer dans le Chemin » : rites funéraires
De nombreuses oeuvres plastiques furent découvertes dans des sépultures : des vases et urnes polychromes, des sculptures en céramique ou encore des bijoux et des masques funéraires en jade. Les figurines en argile, tout comme la céramique funéraire, les costumes et les vêtements des morts, sont l’expression d’un désir de permanence dans l’au-delà, d’une vie semblable à la vie terrestre. En outre, le défunt ne part pas seul : les esprits d’autres hommes l’accompagnent, tout comme les esprits des aliments, des bijoux et de l’eau que l’on dépose dans les tombeaux.

L’exposition est produite par de l’INAH (Instituto Nacional de Antropología e Historia,
Mexique).

Musée du Quai Branly. du 7 octobre 2014 au 8 février 2015.

Figure féminine 2. Céramique, Provenance inconnue © Museo Regional de Antropología, palais Cantón, Mérida, Yucatán, Mexique Photographe: Ignacio Guevara

Pot Zoomorphe © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique – 2014.Photo Ignacio Guevara

Tête de Pakal, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Stuc, Palenque, Chiapas, Mexique © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique Photographe: Ignacio Guevara

Tête de Pakal, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Stuc, Palenque, Chiapas, Mexique. Photographe: Ignacio Guevara

Figurine anthropozoomorphe, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Céramique, Jaina, Campeche, Mexique © Centro Cultural Tlatelolco, UNAM, Mexico, Mexique Photographe: Ignacio Guevara

Figurine féminine, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Céramique, Jaina, Campeche, Mexique © Centro Cultural Universitario Tlatelolco, UNAM, Mexico, Mexique Collection Stavenhagen Photographe: Ignacio Guevara

Figurine, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Céramique, Jaina, Campeche, Mexique © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique Photographe: Ignacio Guevara

Joueur de jeu de balle, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Céramique © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique Photographe: Ignacio Guevara

Masque de la ceinture cérémonielle de Pakal, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Jade, Palenque, Chiapas, Mexique © Museo Nacional de Antropología, Mexico, Mexique Photographe: Ignacio Guevara

Monument 114 de Toniná, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Calcaire, Toniná, Chiapas, Mexique © Musée du site de Toniná, Ocosingo, Chiapas, Mexique Photographe: Ignacio Guevara

Porte-encensoir, Classique tardif (600-900 apr. J.-C.), Calcaire, Groupe IV de Palenque, Chiapas, Mexique © Musée du site de Palenque Alberto Ruz Lhuillier, Palenque, Chiapas, Mexique Photographe: Ignacio Guevara